Suite du premier extrait de Miss Earl tome 4 ( long extrait)

 

 

(…)

 

J’ai besoin de trouver un moyen d’évacuer mon stress. Les deux heures de sport de ce matin n’ont pas suffi. Et merde… depuis quand je ne me suis pas branlé ? J’ai besoin de me branler tout de suite. Machinalement je défais ma ceinture, ouvre mon pantalon à pince et sors la bête de mon boxer. Rien n’a attisé mon excitation mais je suis pourtant bien raide. Je crois que c’est purement nerveux. Je relève ma chemise blanche pour dévoiler mes abdominaux qui risquent d’être éclaboussés d’ici peu. Tout en refermant les yeux, ma main droite vient encercler mon membre en demande de caresses. C’est ça Liam… fais ça vite et bien. Et voilà comment d’un instant à l’autre, je me retrouve en train de me branler dans mon agence. Après tout, ma queue est ma seule cliente, alors bon… Plus vite… Sam… Non ! Pas Sam ! Kristen ? Toutes les deux ensemble… Non mec, pense pas à elles… Mais qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? Mmh…. La fille du fast food… Ouais. La fille du fast food en mode sexy sans niaiserie… toute nue, à califourchon sur moi, avec seulement sa casquette et des petites baskets. Oui…. C’est ça…

— Oh bon sang… oui…

J’ai la gorge sèche tant ça monte vite, comme si mon sexe s’était trop vite gorgé, en aspirant toute l’hydratation naturellement présente dans mon corps. Ça va déjà sortir, putain.

— Oui !

— Oh mon dieu !!!! Qu’est-ce que vous faites ???

Oh, merde ! Je me redresse brutalement en réalisant que je ne suis plus seul. Mon orgasme sur le point d’exploser se résorbe d’un seul coup et la panique me fait ouvrir les yeux en me rhabillant maladroitement. C’est pas vrai ! C’est la fille de l’accident !

— Mais qu’est ce que vous faites là ??

La honte. Elle est maintenant dos à moi et se cache les yeux en titubant vers la sortie, comme si ce qu’elle venait de voir venait de l’aveugler.

— Vous m’avez dit de passer à l’agence aujourd’hui ! hurle-t-elle toute chamboulée.

Je le suis bien plus qu’elle. Je viens de me faire surprendre comme un gamin prépubère. J’ai touché le fond. J’avais complètement oublié son existence et voilà qu’elle m’a vu en pleine action solitaire.

— Comment vous êtes entrée, nom de Dieu ? Il y a une sonnette !

Je ne sais plus où me mettre, ni même comment ranger l’érection immense qui peine à redescendre. Heureusement qu’elle n’ose plus se retourner pour voir mon malaise. Subitement, un rire nerveux s’empare de moi. Dans le fond, sa réaction est un poil comique, à la voir chercher le chemin du retour, les yeux clos, les mains tendues devant elle.

— Et ça vous fait rire en plus !

Son pied heurte l’une des trois marches du palier qui mène aux escaliers qu’elle a empruntés pour monter. L’agence n’est en fait qu’un studio aménagé pour l’occasion. Au rez-de-chaussée, il n’y a rien, à part la porte d’entrée. Son deuxième pied bute sur la même marche, et la voilà qui s’affale en avant.  Remis « en ordre », j’ose approcher pour l’aider. Je m’accroupis en résorbant le petit fou rire qui m’avait secoué.

— June c’est ça ? Je vais vous aider, intimé-je en posant mes mains sur ses bras.

Elle lève ses grands yeux perdus vers moi avant de les détourner vers ma braguette.

— J’ai vu votre pénis, dit-elle d’une voix dramatique.

Mon dieu. Il me faut user d’une force surhumaine pour ne pas éclater de rire. Ce serait mal venu… Elle a vraiment vu mon pénis. Putain… Il faut que je pense à fermer la porte de l’agence à clé.

— Je ne pensais pas que vous alliez venir.

June fronce du nez pour remonter ses lunettes et se lève avec mon aide. Maintenant que l’émotion « branlette avortée » est passée, je considère sa venue… d’une part, ça fait d’elle une personne honnête et respectable. D’autre part, ça fait de moi un homme un peu plus riche, du moins, si mon programme lui plait. En la voyant, j’ai du mal à penser qu’elle pourrait faire la difficile. C’est compliqué de ne pas la juger et encore moins de ne pas se poser de question. Ou plutôt une question : comment en est-elle arrivée là ?

— Pourtant je suis là… J’ai besoin d’aide, admet-elle en évitant mon regard.

Est-ce qu’elle esquive mes yeux par gène de ce à quoi elle vient d’assister ? Ou du fait d’avouer avoir besoin de mon aide ? Peut-être les deux.

— Quel âge avez-vous June ?

Elle est jeune, c’est indéniable, pourtant, elle a l’air d’avoir la trentaine grandement passée.

— Vingt-deux ans.

— Pardon ??

Wow… C’est pire que ce que je croyais.

— Je sais, je ne fais pas mon âge, dit-elle en baissant les yeux sur ses vêtements trop larges.

Il y a tout à refaire, j’ai du boulot.

— Venez vous asseoir, on va discuter de tout ça. Vous voulez un café ?

Je ne suis même pas sûr d’avoir du café prêt à couler, mais là, dans ce cas précis, ma courtoisie a dépassé les moyens. J’ignore pourquoi, mais j’ai vraiment envie d’aider cette fille, et pas que pour les vingt mille dollars. C’est la passion du métier qui parle. Je désigne la chaise face à mon bureau et trouve, par chance, quelques capsules pour la machine à café. Je reviens vers elle avec nos tasses et m’installe sur le lieu de mon précédent délit…  June fronce à nouveau le nez pour faire remonter ses lunettes trop grandes. Il faut qu’elle arrête de faire ça.

— Bon… Tout d’abord, parlez-moi de vous, de votre parcours, commencé-je en essayant de faire abstraction de ses yeux ronds qui me dévisagent.

Je suis sûr qu’elle pense encore à ce qu’elle a vu sur la chaise que j’occupe.

— Euh… Eh bien, il n’y a pas grand-chose à dire… Ma vie personnelle est… tout sauf épanouissante. J’avais un super job et j’ai été virée à cause de mon apparence.

J’admets qu’elle est négligée, mais il y a quand même bien pire… Son patron devait être un vrai con.

— C’est de la discrimination, vous pouvez faire valoir vos droits.

Elle ricane en tournant la tête sur le côté. Malgré un petit double menton, je trouve son visage joli.

— Ils n’ont pas mentionné ce motif, mais je sais que c’est à cause de ça. Le milieu de la mode est impitoyable.

— Vous êtes dans la mode ?

— Je suis styliste.

Alors ça ! J’en tombe des nues. Mais putain, c’est quoi ce paradoxe ?

— June… n’y voyez aucun jugement, pourquoi vous ne mettez pas votre talent à votre propre service ?

— Parce que je ne m’aime pas, avoue-t-elle en plantant ses yeux dans les miens avant de les détourner sur son café. J’habille des mannequins, pas des petites boulottes.

La manière dont elle a dit ça… Je me prends de compassion pour elle alors que je ne la connais pas.

— Qu’est-ce qui pourrait faire que d’un coup vous vous aimiez ?

— Je voudrais… perdre un peu de poids, me sentir jolie et sexy dans des vêtements… apprendre à me maquiller un peu. Me trouver belle, et voir dans les yeux de quelqu’un que je le suis vraiment. Et surtout… faire en sorte que la boîte qui m’a lourdée s’en morde les doigts.

Je la sens dans le même état d’esprit que le mien. Elle veut renaître de ses cendres.

— Vous êtes prête à faire des sacrifices ? Il faudra que vous veniez tous les jours, et ça ne sera pas une mince affaire. Vous allez devoir vous dépasser.

J’espère qu’elle n’est pas du genre à abandonner. Sam l’était en ce qui concerne le sport. Mon dieu, ce qu’on a pu se chamailler durant nos séances.

— Je sais, je suis prête à tout pour obtenir ce que je veux depuis si longtemps, affirme-t-elle en ayant peu convaincue par ses propres paroles.

Elle me dévisage d’un air curieux. Je regarde l’espèce de blouse trop large qui cache son corps. Je n’arrive pas à déterminer les reliefs de ses courbes ni à savoir si elle est juste pulpeuse ou en vrai surpoids.

— Très bien. Alors je vais vous concocter un programme ciblé. Les séances de sport se passeront avec moi. On va revoir toute votre alimentation. Quand on aura des résultats, on ira dans un showroom pour vous relooker et on passera à la coiffure, le maquillage… Ensuite on abordera des exercices qui viseront à booster votre confiance en vous. Je peux aussi vous proposer des méthodes de relaxation et même vous organiser des rendez-vous galants en vous coachant là-dessus. Tout dépend de ce que vous voulez.

Je sors une fiche client d’un tiroir et commence à la remplir. Même si je suis professionnel et concentré, je sens le poids de son regard me tirer de ma tâche. Bingo. Elle me scrute comme si j’étais un animal sauvage coincé dans la vitrine d’une pâtisserie.

— Excusez-moi, mais… sur votre carte de visite, j’ai vu votre nom… Liam Payton… et votre visage ne m’est pas étranger…

Merde.

— Ah ?

— Oui… j’ai l’impression de vous avoir déjà vu dans la presse, poursuit-elle en réfléchissant.

Encore merde. Je n’ai pas envie de devoir m’expliquer et de dire pourquoi j’ai été mêlé au plus grand mélodrame d’Hollywood.

— Vous êtes lié à un acteur… Non ! A sa petite copine. Oui ! C’est ça, ça me revient, s’écrie-t-elle triomphante.

Allons-y…

— Oui, mais il n’y a plus grand-chose à dire là-dessus. Concentrons-nous sur vous.

— Oh bon sang mais ! Cette histoire a fait le tour du monde ! Jamie Nolan… Sam… Samantha quelque chose !

La voilà partie pour des heures, à la voir gesticuler sur sa chaise en se remémorant chaque détail. Je pose mon stylo et m’adosse à la mienne. Je capitule.

— Mais vous êtes une star !

— Je n’irais pas jusqu…

— Pourquoi vous n’avez pas accepté les offres de mannequinat que tout le monde vous a proposées ? Je me souviens que mon patron vous voulait !

— Je n’étais pas intéressé par le mannequi…

— Et tous ces producteurs qui vous ont remarqué ?? Oh ! Comment j’ai fait pour ne pas vous reconnaître la première fois ? Est-ce qu’on vous reconnaît dans la rue ?

— Euh… oui ça arri…

— Ils parlent encore de vous ? Je veux dire, la presse.

Putain… Est-ce que je peux en placer une ?

— June… Vous ne me laissez pas répondre à vos questions…

Elle se calme puis ricane d’elle-même.

— Oui, désolée… C’est que je suis mêlée à ce milieu du scandale, des strass et des paillettes, mais toujours tapie dans l’ombre, alors là, ça me fascine un peu, s’explique-t-elle en rougissant.

— J’essaie de tourner la page à vrai dire…

— Je vois…

Moi aussi je vois. Je vois qu’elle croule sous le poids de toutes les questions qu’elle a envie de poser. Ah les femmes… Il faut que je détourne son attention. Je me lève.

—Venez avec moi, je vais prendre vos mensurations.

— Maintenant ?

— Oui, on va attaquer directement.

La pièce est vaste. En face du bureau, il y a tout un attirail de musculation, ainsi qu’un petit salon aménagé avec de quoi se restaurer grâce au mini frigo et au bar. En fait, on dirait tout bonnement la tanière d’un mâle célibataire… moi. Face à la balance, je jette un regard à June. Elle n’a pas bougé, pesant le pour et le contre. Je devine ses pensées.

— Vous n’aurez pas besoin de vous déshabiller pour cette fois.

Ses épaules s’affaissent, signe de soulagement. Elle se lève, en essayant de remettre ses vêtements en place, sauf qu’elle aura beau essayer, ça ne changera rien, car ils ne sont pas à leur place de toute manière. Elle porte bien deux tailles en trop. Une fois près de moi je lui désigne le mètre pour la mesurer. La proximité avec une personne du sexe opposé semble la mettre mal à l’aise. Je sens sa moiteur,

— Un mètre, soixante-cinq. Enlevez vos chaussures et allez sur le pèse-personne…

Quand je parle de chaussures, il s’agit en fait de tongs. Aucun signe de pédicure bien sûr.

— Soixante-six kilos.

— Oh mon dieu…

— Ce n’est pas grave, la rassuré-je.

En fait je m’attendais à pire.

— Si vous perdez six kilos, vous reviendrez dans la norme.

— Mais je suis accro à la junk food…

— On peut prendre du plaisir avec des aliments sains.  On va tout revoir ensemble… enfin si vous acceptez de travailler avec moi…

— J’accepte, dit-elle à la hâte.

Je souris malgré moi. Elle me sort un sourire trop précipité et si retroussé que sa lèvre supérieure se coince sur ses dents trop sèches. Ça la fige dans une grimace bizarre. Bon sang, cette fille est hilarante. Je lui trouve étrangement un charme qui me donne envie de la regarder. Elle a les traits très fins et des lèvres bien dessinées.

— Vous êtes jolie.

Ça m’a échappé. Elle semble chamboulée par ce petit compliment sans conséquence.

— Non…

Si, elle l’est, sous ce déguisement qui ne lui correspond pas.

— Moi je trouve que…

— Oh chéri ! Tu es déjà au travail !

Nous nous retournons avec étonnement sur cette voix inattendue. Putain… mais c’est Kristen !

— Euh…

— Ah bébé ! je ne savais pas que tu avais du monde ! surenchérit-elle

Putain de putain, mais à quoi elle joue ?

June ne semble pas comprendre. Moi non plus. Et encore moins, quand la belle-sœur de Sam se jette à mon cou pour m’embrasser…

 

Oulala ! Mais que se passe-t-il à Los Angeles ? Que fait Kristen ( la soeur de Jamie !!) ? Pourquoi ? Et comment Liam va gérer cela ? Toutes les réponses bientôt…

Suis-moi et partage sur les réseaux 🙂

2 commentaires sur “Suite du premier extrait de Miss Earl tome 4 ( long extrait)

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